4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 15:26

Sehen, wie es Isolde in Bruxelles geht, und an Lornas Workshop teilnehmen. Das erschien mir eine ideale Kombination. Samstag hin, Sonntag retour. Ein Großteil der Zeit war dem Workshop im Espace Catastrophe gewidmet, der in der ehemaligen Kühlhallen bzw. Kühleisfabrikation Saint Gilles untergebracht ist. Einst befanden sich hier auch ein Schwimmbad im Sommer, ein Eislaufplatz im Winter. Beide profitierten von der industriellen Nutzung - die Abwärme der Kühlgeräte heizte das Wasser, die Kühlschlangen für den Eislaufplatz wurden direkt beliefert.

 

Samstag holte mich Isolde von dem Workshop ab und wir wanderten durch Bruxelles bis zu dem sehr empfehlenswerten vegetatischen Restaurant Dolma.

 

Bruxelles hätte durchaus noch mehr Aufmerksamkeit verdient. So fand auch die Nacht der Museen statt. Aber der Schlafbedarf wollte auch gedeckt werden.

 

Was gäbe es zum Workshop zu schreiben? Dann nehme ich doch am besten die Worte von Lorna aus dem Einladungstext her...

 

« Dans le butoh on aimerait désassembler le corps. Se souvenir du commencement du monde. Se transformer en crapaud dans la chaleur d’été. Ne pas être rangé dans la naphtaline comme un vieux vêtement mais brûler, être bourré de poudre explosive. Continuez sur votre route. J'ai envie de rentrer dans un état de suffocation où nul n'est encore aventuré. ». Tatsumi Hijikata.

 

 

//A PROPOS DU TEMPS... et de l’espace

Deux jours/Douze heures de travail 

Le mode de stage intensif convient particulièrement à la danse butoh grâce à la disponibilité plus large de temps dont nous disposons pour approfondir chaque

proposition. Le butoh a besoin du temps; le temps est invité ici à « creuser » son espace dans le corps, conçu comme un espace de constante transformation, un espace « à vivre », et non une trajectoire de mouvements que l'on doit accomplir.

//A PROPOS DE L'ENTRAINEMENT

-L’entraînement en butoh a plus à voir avec « s’arrêter pour écouter et  comprendre » qu’avec le simple fait de « bouger ». L’échauffement et la préparation physique requerront concentration et disponibilité. Cet entraînement corporel procure à la fois force et souplesse musculaire. Il a pour objectif de développer la résistance physique en même temps que la sensibilité.

Fouiller dans sa propre chair les mouvements qui vont construire la danse. Se proposer de dépasser des seuils connus, éviter de s’endormir dans sa propre commodité, se donner du temps et dévoiler de nouveaux espaces dans son propre corps… Respirations, marches, courses, reconnaissance des articulations, du squelette, travail de transformation du visage, torsions et « distorsions », « katas » japonais, marches des animaux, etc. 

//PROPOSITION DU TRAVAIL

Au cours du stage, nous porterons une attention particulière sur certaines parties du corps. L’entraînement et l’exploration de chacune de ces parties nous amèneront au dialogue entre les intensités et les sensations qu'elles raniment.

 1-  Hara, Tanden : centre du corps et son mémoire d'origine

Situé au niveau du bas ventre, le Hara, nommé différemment selon les pratiques et les cultures, est le lieu le plus vital de notre corps. Depuis ce lieu nous sommes connectés à notre mère, via le cordon ombilical. C'est aussi le tout premier lieu où le fœtus commence à se former dans le ventre de sa mère. Les japonais ont beaucoup développé la conscience du Hara, encore appelé « océan de l'énergie » et considéré comme le centre de la vie instinctive et intuitive du corps.  

2- Mains/ Pieds, leur mémoire du toucher et des chemins parcourus

Les doigts et les orteils sont la fin de nos  extrémités – petites antennes-  qui nous connectent et nous relient à l’espace environnant. Les mains et les pieds sont les intermédiaires de nos désirs et de nos orientations. Les pieds nous portent et conditionnent notre façon d'être debout... Avec les mains nous

« touchons » le monde, parfois nous le prenons, parfois nous le rejetons... De  profondes mémoires de textures, de répugnance et d’éclatement sont à découvrir au niveau de nos phalanges.

3- Visage/ dos, deux faces du corps

Très loin des impulsions et des mouvements instinctifs, le visage est le lieu le plus « domestiqué » de notre corps, celui avec lequel nous communiquons dans la vie quotidienne. L'histoire du visage est souvent celle des gestes contenus, transformés, déformés par la socialisation. Comment laisser apparaître ce que notre visage cache, ce qu’il garde depuis des siècles ? Comment le laisser danser la pureté des émotions? Notre visage  est peut-être beaucoup plus lumineux ou  plus obscur que ce que l'on croit...

Que se passerait-il si le visage montrait tout ce que le dos porte ou supporte? Et à l'inverse, que se passerait-il si le dos devenait notre visage et décidait de danser les grimaces retenues ?

4- Balance, bataille, dialogue et... danse

Après l'avoir parcouru, nous pourrons vider le corps, devenir une page blanche où toutes les images et sensations peuvent trouver leur place, leur forme, leur rythme... Les sensations viennent parler pour construire une danse. Des mémoires anciennes nous dansent...

 

 

//A PROPOS DU BUTOH

Le butoh est une danse qui porte en soi la question de ce qu’est  “danser”; elle vient bouleverser des questions  comment “qui peut danser”, “jusqu'à quand peut-on danser,” “quel est le corps qui notre société accepte comme celui de un danseur”, “quel est notre corps “original”, “quel est le corps que la société a domestiqué”...

Comme beaucoup de mouvements surgis dans les années 60, le butoh questionne toute la danse de l’époque, mais à différence des autres genres, elle vient détruire irrémédiablement le « corps du danseur » conçu jusqu'au moment. Le butô donne un nouveau corps au danseur, et ceci fut un de ses aspects révolutionnaires. Un corps qui ne cherche pas à s’étendre vers l’extérieur, mais vit intensément ce qui le divise entre l’intérieur et l’extérieur. Un corps dépouillé des codes sociaux, un «corps mort» au social, ignorant de l’ego et des apparences. Pour Hijkata, un des fondateurs des principes du butoh, la danse ne résidait pas dans une composition linéaire de mouvements mais plutôt dans l’exploration de la profondeur du corps lui-même.

Elle cherche à révéler des zones occultes, et réveiller les mémoires corporelles : retourner à l'instinct, à la mémoire animale, minérale et végétale de notre corps. Elle se déclare ouvertement androgyne, défiant la classification des sexes, et montrant le corps nu, au propre comme au figuré. Hijikata pensait qu'il fallait à la fois « ré-découvrir le corps et réinventer la danse ». L'idée n'était pas de construire un corps qui transmette un message ou qui soit l'instrument de quelque chose, sinon travailler davantage un corps capable de parler par lui-même. Un corps chair; un corps sensation capable de danser son propre histoire. Dans sa volonté de transformer la notion de corps vécu, la technique du butoh ne rappelle aucune autre technique de danse. 

Danser butoh 

Hijikata ouvre de cette façon une porte vers une autre forme de comprendre la danse, et  indirectement  postule que toute personne qui le souhaite est capable de danser. Tout cela à condition d'accepter de se rencontrer face à face avec son propre corps et avec l'état le plus pure de ses émotions... A condition d'avoir la persistance, la patience et la discipline pour apprendre à écouter et  laisser danser les intensités qui nous traversent.

L’intensité ou la force particulière de certains danseurs de butoh n'est pas simplement le fruit des talents innés, ou des mystérieuses capacités, mais plutôt le résultat de beaucoup de travail. N'importe qui peut devenir danseur de butoh, en mettant en jeu beaucoup de soi-même, en se livrant à une nouvelle façon d'écouter son corps, et de comprendre son esprit. Il s'agit de s'ouvrir à une écoute globale, pour  pouvoir suivre la précision dictée par la force de nos émotions en état pure. La puissance de nos os, les chants qui cumulent nos nerfs, le rire de notre peau... Pouvoir donner à voir ces univers cachés peur être un long mais merveilleux travail.
  
 

Lorna Lawrie

Licenciée en théâtre de l’Université National de Córdoba (Argentine), elle suit depuis son enfance une formation de danse classique et contemporaine. Elle a été impliquée dans de nombreuses cies. Indépendantes et officielles de renom en Argentina. En 1997, recherchant de nouvelles façons d’aborder la conscience corporelle, elle rencontre Rhea Volij (formée par Sumako Seki) qui devient son premier « maître » de danse Butô. Elle étudie de longues années et danse sous  sa direction dans la Cie de danse Butô La Brizna (Buenos Aires). Dès lors le Butô devient le langage artistique à travers duquel elle oriente son travail et son entraînement. Elle perfectionne sa danse avec Tadashi Endo en Allemagne, ainsi qu’avec les maîtres Yoshito Ohno, Ishi Mitsutaka, Yukio Waguri au Japon. En 2003 elle reçoit le  prix  National à qualité artistique, octroyé par l’Institut National de Théâtre pour le spectacle de danse butô et  multimédia «El soñador soñado»,dirigé par Gonzalo Biffarella, musicien électroacoustique et metteur en scène argentin. Ces dernières années, Lorna participe à plusieurs créations et projets de vidéo danse, solos  et duos. Installée à Paris, elle a  intégrée la Cie de Butô Incarnat avec Leone Cats et Christelle Raynier. Formatrice, elle dispense des cours hebdomadaires sur Paris, et divers ateliers en France, Allemagne, Espagne, Belgique et à l’université National de Cordoba en Argentine. Elle collabore aussi aux ateliers dirigés par Stéphane Cheynis, Cie. Ophrénie Théâtre. Depuis 2009 Lorna dirige l’équipe de travail du projet « Butoh ouvert », un espace de création et réflexion pour les artistes du butô à Paris. La même année elle réalise un Master de Recherche au Département de Danse de la Université Paris 8, sur le thème du butô en relation à la peinture de Francis Bacon. En décembre 2010 elle créa la Cie  Seuil  avec le musicien acousmatique Michel Ti tin Schneider. Ils  travaillent ensemble dans plusieurs créations :« L’oratoire de l’indicible » (Espace Dunois et à la « Société des curiosités ») à Paris, « Chuchoter Japon », lors du Festival de Butô de Paris 2010 (Bertin Poirée), « Moctezuma » lors des journées européens du patrimoine 2010, « Le symptôme » au Théâtre La Loge, etc. La Cie Seuil a  participé récemment au festival de Butô de Paris en Juin 2011, au festival de « Barcelona en butoh » en novembre 2011, et au « Festival Internacional  del Movimiento », en Mérida Venezuela, festivals Lorna a donné des stages également.

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Published by Jutta - dans parisplages
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commentaires

Michi 09/03/2013 20:58


Butoh in der Fleischhalle - auch mal ein interessanter Aspekt (wo sind denn die Fotos die du sicher auch gemacht hast???)